LES DOSSIERS > Les audits de la gestion liberale Legislatives 2012  
 
 
Accueil > Ragots & Télébidon
Sénégalaiseries
Quels diables de conseils Omar Pène peut-il prodiguer à Youssou Ndour?
Par SudQuotidien mis en ligne: 27/06/2012 | 13H00 GMT
PARTAGER  
 
Les dérives de Dj Boub's
Le procès de toutes les curiosités
La confusion des rôles
Peine perdue
500 millions de F Cfa pour laver l’honneur du couple
Le CNRA envoie une mise en demeure à la radio «Zik FM»
Abdoulaye Wade l'octogêneur selon le «Canard Enchaîné»
 
 
   
Ce n’est plus un gouvernement, c’est Gouye Séddeulé… Déjà, la charretée des ministres-conseillers de Macky Sall qui pleuvent au petit bonheur la chance depuis trois mois commence à faire désordre. Surtout que les nominations interviennent parfois après une sortie au vitriol dans la presse de l’impétrant contre les errements de Macky Quatre.
 
Mieux, ou pire, c’est selon, le Conseil des ministres décapite les directions et catapulte des p’tits nouveaux aux postes de commande avec une régularité de métronome. Les postes d’ambassadeur les plus prestigieux ? Ils sont redéployés méthodiquement. France, Etats-Unis, c’est fait. Il en reste sans doute d’autres dans les pays qui font rêver et feront l’objet d’âpres marchandages. C’est clair, il n’y aura pas grand-monde à se bousculer pour aller en Gambie ou au Togo. Là, c’est la saison, les lobbies ne chôment pas ces temps-ci…
 
Moi, de toutes, la nomination qui me laisse le plus perplexe, c’est bien celle d’Omar Pène, Goor’ou Banna, bombardé conseiller de Youssou Ndour, ancien Super Etoile, actuel super ministre de la Culture et du Tourisme… La parfaite sénégalaiserie ! Vous savez bien, le genre d’acte gratuit qui fait jaser dans les bicoques : à l’heure qu’il est, des ménagères aussi dépenaillées qu’émues sont en train d’écraser une larme avec le pan du pagne en soupirant, «ndeysaan, def na lou rafet…».
 
Oui, c’est bien joli, mais en quoi diable Omar Pène peut-il conseiller Youssou Ndour ? Y’a-t-il des gammes ou des mélodies qui échappent au roi du mbalakh, en dépit de ses quarante années de carrière durant lesquelles il se promène aux quatre coins de la planète et se tortille sur les plus prestigieuses scènes aux côtés de ses pairs, les pointures mondiales de la world music ? Youssou Ndour, manifestement, règle un conflit intérieur avec sa propre conscience, aux frais du contribuable… On applaudirait, debout, s’il nous ramenait un ingénieur culturel (ben oui, ce genre d’animal existe en boutique), une styliste (ça court les rues), un plasticien, un juriste, un comique troupier, un zouave… Bref, tout sauf un chanteur. Quatre décennies après, Youssou Ndour est-il toujours hanté par le Super Diamono des années soixante-dix, qui fait alors fureur chez les teen-agers et les mélomanes adeptes d’une musique sophistiquée, jazzy, presque intelligente ? Ce Super Diamono-là est le laboratoire d’où jaillit le mbalakh moderne qui fera une décennie après la fortune et la gloire de l’enfant de la Médina ?
 
Au début, c’est un groupe iconoclaste de musiciens qui revient de Gambie avec des étincelles plein le regard. Ils ont vu Ifambondi à Banjul, celui de Pape Touré et Baay Janna. Ils sont à des années-lumières de ce qui se fait à Dakar, où Ibra Kassé règne en maître absolu sur les nuits des fêtards au rythme d’une musique bâtarde, qui trouve ses accents dans le latino. Omar Pène et Ismaël Lô devant, derrière, Bob Sène, Lappa Diagne, Aziz Seck et, surtout, aux claviers, l’âme du groupe, Adama Faye. L’alchimie est magique, les ados que nous sommes en deviennent fous. Youssou Ndour, alors, se noie dans une sorte de khita-ndang wolofo-cubain qui fait se pâmer les driankés de la Médina, fer de lance d’une sorte de jet-set aussi peuple qu’interlope, qui a des comptes à régler avec la République hautaine de Senghor.
 
Les teen-agers, c’est Omar Pène et le Super Diamono qu’ils vénèrent au Thiossane. Le peuple des branchés également a ses idoles. Et Youssou Ndour n’en est pas. Il n’a pourtant pas à se plaindre, puisque devenu le patron du Super Etoile qui fait le plein du dancing de Soumbedioune, haut-lieu des khawaarés vernaculaires. Mais dans les clubs de jazz du centre-ville aussi, les samedis tranquilles, loin de la fureur de la plèbe, ce sont les virtuoses du Super Diamono, dont les frères Faye, Adama, Vieux Mac et Lamine, qui font la loi. Y’a aussi Cheikh Tidiane Tall, Seydina Insa Wade, Idy Diop…
 
Les meilleures choses ont une fin. Le Super Diamono se disloque. Ismaël Lô s’en va, emmenant Vieux Mac. Puis un gourou, Baye Sy de son nom de guerre, leur pique le maître des sabars, Aziz Seck. Suivra Adama Faye. Si le mbalakh, a un père, c’est bien lui. Youssou le sait-il ? Il en a au moins l’intuition. Et ira chercher Adama Faye dans son antre, lequel amènera dans ses valises Habib Faye. Il est des rencontres qui vous changent un destin…
 
Pendant que le Super Diamono périclite, celui que les toubabs surnomment le «rossignol de la Médina» prend son envol. Les années soixante-dix furent celles du Super Diamono, les années quatre-vingts seront celles de Youssou Ndour.
 
Lorsqu’Omar Pène décide de reprendre son destin en main, il n’est pas vraiment trop tard, mais ils sont distancés par le Youssou Ndour qui s’invite dans l’univers de la world music par des voix dérobées au star system mondial. Il n’empêche qu’ils sont tous deux cités comme les têtes d’affiche, avec Thione Seck, Ismaël Lô et Baba Maal. Chacun suivra sa voie. Et puis, un beau jour, la bombe explose au dessus de Dakar : les frères ennemis, You et Pène, dont la rivalité creuse des tranchées entre les Sicap et la Médina, vont se produire ensemble.
 
Chacun interprètera une chanson de l’autre dans l’album «Euleuk Sibir», en plus d’un duo. Dans les rangs des fan’s clubs, la tension est à son paroxysme, la paranoïa emportera les belles promesses d’avenir. Youssou et son entourage sont accusés à mots si peu couverts de saboter les prestations d’Omar Pène en concert. Eux, de leur côté, chuchote qu’Omar Pène est jaloux parce que Youssou l’a écrasé de sa personnalité dans l’aventure commune. La déchirure laisse de profondes marques. Un mur de silence s’ensuit, que ni l’un ni l’autre ne violera depuis près de quinze ans.
 
Revoilà donc relancé le feuilleton, la semaine passée, alors que Youssou Ndour décide de se payer Omar Pène comme conseiller. La question à mille balles : c’est pour se racheter une conscience, ou l’exhiber comme trophée, enfin ? Un peu des deux, sans doute, dans les démons qu’ils ont à exorciser ensemble…

Ibou FALL
 
 
VOS REACTIONS
Les commentaires sont désactivés pour cet article.
 
 
Publicité
 
Les plus populaires
Numbelaan
Tout est mal acquis
Les ministres de rewmi dans...
Rue Publique
Biens mal acquis: le secret des intouchables
Contre les biens mal acquis,...
Rue Publique
Le mandat avant, les denrées après
Macky Sall a signifié à...
Ragots & Télébidon
Les dérives de Dj Boub's
«La série « Un Café...
 
 
   
 
 
 
A propos de afreecartoon.com
Mentions légales
Conditions d'utilisation
Poster une contribution
Contactez nous
Publicité
     
© afreecartoon.com 2011